Sécurité
Faut-il ajouter un matelas ?
C'est la question la plus posée par les parents, et la plus mal répondue sur internet. La réponse tient en un mot, mais elle mérite qu'on explique pourquoi.
Pourquoi on a envie de le faire
Parce que le matelas d'origine est mince, parfois à peine plus épais qu'une serviette. On pose la main dessus, on sent le fond du lit, et on se dit qu'aucun enfant ne peut dormir correctement là-dessus. L'intention est bonne : on veut le confort de son bébé. Le geste, lui, ne l'est pas.
Le premier risque : l'espace sur les côtés
Un matelas ajouté n'a jamais exactement les dimensions du fond du lit. Il laisse un interstice entre le matelas et la paroi. Un nourrisson qui roule peut glisser dans cet espace et s'y trouver coincé, le visage contre la toile. C'est un risque d'étouffement, et il est documenté : les accidents graves liés aux lits pliants concernent principalement le repliement du lit et le coincement de l'enfant entre le matelas et la toile.
Le même problème se pose avec un matelas de remplacement mal dimensionné, même sans superposition. La règle est constante : aucun espace ne doit subsister entre le matelas et les bords du lit.
Le second risque : la surface trop molle
Les recommandations sur le sommeil du nourrisson sont sans ambiguïté sur ce point : le matelas doit être ferme. Une surface moelleuse permet au visage de s'enfoncer, ce qui gêne la respiration. Le matelas surajouté, précisément parce qu'il est plus confortable au toucher, va dans le sens inverse de ce qu'il faudrait.
Autrement dit, l'épaisseur qu'on ajoute pour le confort de bébé est exactement ce que les autorités de santé déconseillent pour sa sécurité. C'est contre-intuitif, et c'est bien pour ça que l'erreur est si répandue.
Ce que disent les organismes officiels
Les consignes diffusées aux milieux d'accueil de la petite enfance sont explicites : ajouter un matelas dans un lit pliant crée un environnement à risque pour l'enfant. Les professionnels de la petite enfance rappellent, eux aussi, qu'il est proscrit d'ajouter un surmatelas, l'enfant pouvant s'étouffer entre la paroi du lit et le matelas.
Du côté du couchage, les recommandations de prévention de la mort inattendue du nourrisson listent le matelas surajouté parmi les éléments à bannir du lit, au même titre que l'oreiller, la couette, le cale-bébé et le tour de lit.
Alors que faire si le couchage est mauvais ?
La bonne réponse n'est pas de bricoler le lit, c'est de changer de lit. Le raisonnement est simple.
Si le lit sert trois nuits par an, un matelas fin est acceptable : c'est un couchage d'appoint, et l'enfant y survivra très bien. Si le lit sert souvent, voire toutes les nuits, alors le matelas d'origine devient un vrai critère d'achat, et c'est au moment de choisir le modèle qu'il faut y penser. C'est précisément pour ça que le couchage pèse 20 points sur 100 dans notre barème, soit le poids le plus lourd, et que nous consacrons un guide entier aux modèles pensés pour un usage quotidien : lit parapluie haut de gamme.
Et un matelas de remplacement ?
C'est le seul cas envisageable, et il obéit à trois conditions strictes, toutes obligatoires.
- Il remplace le matelas d'origine, il ne s'ajoute pas par-dessus.
- Il est prévu pour le modèle exact de votre lit, aux dimensions exactes, sans le moindre jeu sur les côtés.
- Il est ferme, pas moelleux.
Si l'une des trois conditions n'est pas remplie, on ne le met pas. Nous traitons les matelas compatibles dans notre guide accessoires, avec cette exigence en tête.
Pour aller plus loin
Lisez les règles du couchage sûr et ce qu'on ne met jamais dans un lit parapluie. La vue d'ensemble est sur notre pilier sécurité.